artiste-plasticienne et enseignante

Quelle est ma démarche créatrice, quelle est ma recherche, enfin quelle est ma création ? Il m’est très difficile de répondre à ces interrogations d’une manière claire en citant une technique, un procédé ou une recherche. C’est le cas de chaque artiste, sans doute, je « parcours » le chemin de la création d’une démarche à l’autre, d’une technique à l’autre, guidée par des différentes problématiques, idées, réflexions.

Il est donc question, dans ma création, non pas d’une mais des démarches, des recherches ou des productions qui tout en se succédant, restent inséparables ; elles « s’entrelacent », se « pénètrent », « s’interposent », en faisant appel à la mémoire collective, celle de la création. DSCN0320 copieCertaines de mes « préoccupations » artistiques exploitent un monde, celui de tissu, toile, et toutes sortes de matières fibreuses, dans une démarche qui aurait pour but de détourner, de transgresser des techniques et procédés traditionnels de tissage, de couture, de broderies, etc., dans une palette, riche en couleurs, de peinture sans peinture (ce que j’appelle peinture-couture). DSCF2051Alors si dans ces Toiles en Charpie je déchire les étoffes et les tissus, je les recouds, retisse, rassemble dans des compositions complexes et simples en même temps, dans une autre série intitulée Papiers Grattés j’« agresse » le papier avec une seule envie « d’entrer » dans son intérieur, de « pénétrer », « exploiter » des matières dans une sorte de lutte des forces : la mienne et celle des matériaux. Cependant dans ces démarches qui paressent être loin des pratiques, dite, classiques, telles que : dessin, peinture à l’huile, acrylique, aquarelle, etc., sculpture ou gravure, ce « passé », ces bases « solides » permettant la liberté des choix, des expérimentations et des décisions artistiques, sont toujours présents

Mais avant tout c’est la passion, le désir, le chaos, le désordre qui réunissent véritablement toutes les pratiques de ma création. La déchirure, la coupure, l’entaille, la violence ; la destruction, mais non pas en tant qu’une dévastation totale amenant à la disparition ou la mort, mais celle qui, des restes, marges, fragments donne naissance… au nouveau, différent, autre. C’est ma création. C’est l’envie de « lutter » avec la matière, d’« entrer » dans son intérieur, de la dominer. « Domestiquer » cette violence qui devient délicate, sublimée, comme de vielles serpillières incorporées sur la surface de mon œuvre. C’est aussi l’envie de se rapprocher et de participer au chaos, désordre, mouvement du monde, mais en même temps de s’en couper, de faire une déchirure afin de « mettre » un peu d’ordre dans ce « bazar ». Ranger, structurer, composer, maîtriser…​​​​